Mais sais-tu pourquoi les musulmans sacrifient une bête
le jour de l'Aïd Al-Adha?
On posa la même question au Prophète Mohammad (pbDsl) qui répondit:
« C'est la tradition de votre père Abraham ». C'est à dire que les musulmans héritent de cette tradition du Prophète Ibrahim (pbDsl). Allah a dit dans le
Saint Coran: « Certes les hommes les plus dignes de se réclamer d'Abraham, sont ceux qui l'ont suivi, ainsi que ce prophète-ci, et ceux
qui ont la foi. Et Allah est l'allié des croyants. » Sourate 3, verset 68.

« Et quel en
est l'intérêt » demanda-t-on encore au Prophète Mohammad (pbDsl)?
Il vous sera compté pour chaque
poil [de la bête] une bonne action. »
Et aussi pour chaque brin de laine ».
Etonnés les compagnons demandèrent encore: « Et la laine? »
«
- *Une grande fête familiale*
Le matin du jour de l’Aïd, les rues sont vides. Chacun s’affaire à la cuisine. Le mouton est déjà dans le jardin ou dans la cour. Dans les
rues, on rencontre souvent des bouchers et leurs aides qui parcourent la ville, avec leurs ustensiles, de maison en maison, pour accomplir le sacrifice. Dans
certaines familles, c’est le chef de famille qui s’en charge.
Nadia et son mari avaient fait appel à un professionnel. Il est venu avec son jeune fils d’une dizaine d’années, qui apprenait le métier,
et un aide. Il avait amené avec lui une batterie de couteaux bien aiguisés qui, chacun, ont une tâche précise à accomplir.
Le mouton a été amené à l’endroit du sacrifice. Le mouton doit répondre à certains critères bien
particuliers, dont entre autres être un mâle d’environ un an, ni borgne, ni boiteux, ni malade. Le boucher l’avait choisi lui-même. Au Maroc, la race "sordi" est très demandée, car il s’agit
d’une race en général pas trop grasse et sa viande est fraîche et bonne.
Après lui avoir attaché les pattes, on dégage la gorge de l’animal puis on l’égorge rapidement.
L’animal ne doit pas souffrir et ce jour-là, la personne choisie a vite et bien fait les choses. Evidemment, c’est un peu impressionnant de voir tout ce sang qui
coule pour nous, citadins qui ne vivons plus dans les fermes et sommes habitués à acheter notre viande déjà préparée chez le boucher. Les enfants, qui assistaient au sacrifice, ont un peu
grimacé mais ont plutôt bien pris les choses. Dans certaines familles, la mère trempe son doigt dans le sang de l’animal et pose un point sur son front et celui des enfants, afin de leur
porter chance.
Ensuite c’est l’opération délicate qui consiste à décoller la peau : on pratique une incision à la base
des pattes, on souffle un peu (ça demande quand même un sacré souffle !), on y introduit une pompe à air et la peau du mouton se décolle comme par enchantement. Le mouton est tout gonflé
au bout d’un moment, comme un gros ballon. On coupe ensuite la peau à partir du centre du ventre, on l’enlève et on la met à sécher.
La tête et les pattes sont coupées et mises de côté.
On suspend alors la bête par les pattes pour la vider. Cela a été l’occasion d’une bonne leçon d’anatomie pour les enfants qui ont pu
identifier les intestins, le foie, les poumons, le coeur...Chaque abat est déposé dans une cuvette différente et servira à faire de délicieuses brochettes.
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On fait parallèlement sécher au soleil la crépinette qui entourera la viande des brochettes.
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Le reste de la viande de mouton n’est pas mangé immédiatement chez Nadia. On la laisse reposer une journée, afin d’en libérer les toxines.
La moitié de l’animal sera donnée à des nécessiteux qui n’ont pas eu les moyens de sacrifier un mouton, tandis que l’autre sera gardée pour la consommation
familiale.
Nous sommes ensuite sortis dans le quartier, à un endroit où des jeunes avaient monté une sorte de barbecue destiné à griller la tête et les pattes de moutons (et même de vaches pour certaines familles nombreuses). En effet, ces parties sont comestibles. Plusieurs voisins du quartiers étaient
déjà là et 5 à 6 têtes et quatre fois plus de pattes rôtissaient sur le feu. Une fois grillées, les têtes et les pattes sont râclées pour enlever la partie noircie, puis on retourne à la
maison. Si vous vous promenez dans une ville marocaine ce jour-là, vous verrez un peu partout ces petits barbecues faits dans des tonneaux de fer ou bien vous les repérerez à l’odeur.
Le premier plat que nous avons dégusté, c’est le foie grillé. Puis ont suivi les autres brochettes d’abats et de viande. Les salades
marocaines accompagnaient le tout, c’était délicieux. On peut également se régaler d’un méchoui, mais pour nous, c’était bien suffisant !
Pour de nombreuses professions, cette fête est synonyme de retour au village. Pendant au moins une semaine,
certains magasins restent donc fermés ainsi que pas mal d’usines. Les pêcheurs sortent rarement en mer. Les villes sont plutôt calmes en cette période... Mais bien vite les vacances se
terminent et la vie reprend son cours...
Cette année, l’Aïd el Kébir tombera autour du 21 janvier. Bon Aïd à tous les musulmans du monde ! Aïd Moubarak !
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