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TANGER

VILLE DE TETOUAN 

DEBDOU

ROUTE OUED LAOU

MAROC


انا لله وانا اليه راجعون
         { يا ايتها النفس المطمئنه ارجعي الى ربك راضية مرضيه فادخلي في عبادي
وادخلي جنتي} 
     

 

 
 مـروان،ادعــوا له بالـرحمةمروان الله يرحموا
 
 

 


 
 

 

 

 

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Mercredi 17 octobre 2007

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Mardi 16 octobre 2007

image du site de Daniel Lyonnet


La thermodynamique est la science qui étudie et décrit le comportement de la matière ou des systèmes, en fonction des notions de température T, d'énergie (chaleur Q, travail W...) et d'entropie S. La thermodynamique  :

  • étudie l'évolution ou les transformations de la matière ou des systèmes en considérant les variations d'état du système, lors d' échanges d'énergie entre le milieu extérieur et le système.
  • repose sur 2 notions de base, l'énergie interne (U) et l'entropie (S) qui satisfont aux deux principes suivants, qui stipulent que  :
    • l'énergie se conserve (premier principe de conservation de l'énergie)
    • l'entropie ne peut qu'augmenter (deuxième principe d'évolution)

[ ]L'objet de la thermodynamique est d'étudier le fonctionnement et le bilan d'énergie des machines thermiques et aussi les échanges ou transferts de chaleur dans un système ou entre deux systèmes.

  • dans les machines thermiques on assiste à une conversion d'énergie d'une forme en une autre (chaleur -> travail ou inversement)
  • dans les échanges de chaleur, il y a transfert de chaleur par suite d'une différence de température dans le système ou entre deux systèmes

ex1 : dans les machines thermo-dynamiques (TD), il y production de travail par conversion de chaleur en travail (les moteurs thermiques, les centrales thermiques ou nucléaires...)

ex2 : dans les machines dynamo-thermiques (DT) par contre, il y a transfert de chaleur d'une source froide à une source chaude grâce à un apport de travail (les machines frigo. et pompes à chaleur, les liquéfacteurs...)

On distingue entre quatre principaux mécanismes de transfert de chaleur : la conduction, la convection, le rayonnement et les changements d'état de la matière. Les applications de ces transferts de chaleur concernent les domaines :

  • de l'isolation thermique et du stockage des gaz liquéfiés (cryogénie)
  • du chauffage et de la climatisation des locaux
  • de la conception et du choix des échangeurs de chaleur

[ ]On peut décrire la thermodynamique de 2 manières ou aspects différents :

  • l'aspect macroscopique : on s'intéresse aux propriétés de la matière ou du système à l'échelle globale ou macroscopique, alors les propriétés sont décrites par des variables d'état macroscopiques telles ( p, V, T, m...)
  • l'aspect microscopique : on s'intéresse aux propriétés de la matière à l'échelle microscopique ou atomique en utilisant comme variables les grandeurs cinétiques des atomes ou molécules individuelles (pi ,vi ,Ei ...)

Selon que l'on considère l'un ou l'autre de ces aspects, on distingue alors entre la Thermodynamique Classique ou la Thermodynamique Statistique.

La Thermodynamique Classique n'a besoin d'aucune hypothèse sur la structure atomique de la matière, elle explique le comportement de la matière ou des systèmes en fonction de leurs variations d'énergie et d'entropie :

  • elle décrit uniquement les états initiaux et finaux des systèmes en évolution et dresse le bilan énergétique du système
  • le chemin suivi par la transformation du système peut jouer un rôle (notion de réversibilité des transformations)
  • elle ne cherche pas à élucider les mécanismes des transformations

La Thermodynamique Statistique par contre, cherche à expliquer l'origine et la signification des variables macroscopiques (p,T) et des notions de chaleur, de travail et d'entropie, en les reliant directement au mécanisme de l'agitation moléculaire. Ainsi, on explique les notions de température, de pression et de chaleur :

[ ]Notion de température : la température est reliée au degré d'agitation moléculaire de la matière.

Si la vitesse vi des molécules et donc leur énergie cinétique Ei augmentent, alors le degré d'agitation thermique du milieu est plus grand. A la température de 0 K (zéro absolu à -273°C) les atomes ou molécules sont figés.

[ ]
Fig. 1.1 : Gaz dans une enceinte

- les molécules se déplacent dans l'enceinte de façon totalement aléatoire avec des vitesses vi

On définit la température T par la relation :

1/2 mv2 = 3/2 kT

1.1)

Cette relation définit l'échelle de température absolue T en degré K.

[ ]Notion de pression : la pression est due aux nombreux chocs des atomes ou molécules sur les parois du récipient.

[ ]
Fig. 1.2 : Pression dans une enceinte

- dans l'enceinte il y a N molécules en agitation permanente soit, n' = N/V le nombre de molécules par unité de volume.

On définit la pression par la relation :

p = 1/3 n'mv2 

1.2)

[ ]Echanges d'énergie

Les échanges d'énergie sous forme de chaleur (Q) ou de travail (W) sont alors interprétés à l'échelle microscopique comme une manifestation de l'agitation moléculaire sous forme désordonnée (Q)ou ordonnée (W), voir Fig. 1.3 et 1.4.

T2 > T1
[ ]
Fig. 1.3 : Transfert de chaleur Q

[ ]
Fig. 1.4 : Transfert de travail W par un piston

[ ]Unités :

- Système MKS (ou SI )

  • temps en [s]
  • température en degré [K], avec T [K] = t °C + 273
  • pression en Pascal [Pa] ou [N/m2]
    p = [Pa] = [N/m2] et 1bar = 105 Pa = 750 Torr
  • l'énergie en Joule [J], et 1cal = 4,184 Joules
  • la puissance P en Watt [W], et 1W = 1J/s

- Système des Thermiciens (ou ST )

  • temps en [h]
  • énergie en [kcal]
  • puissance en [kcal/h]

[ ]Autres Unités

- de pression :
1 atm = 1,013 bar = 760 Torr
1 Torr = 1,333 mbar
1 bar = 750 Torr
1 mbar = 100 Pa = 0,750 Torr
1 atù = 1 kg/cm2 = 0,980 bar

* on distingue entre pressions absolue et relative ou pressions totale et partielle d'un fluide

- d'énergie 
la frigorie [fg] avec 1 fg = 1kcal
le kWh 1kWh = 3,6 MJ = 860 kcal
1kcal = 1,16 Wh

Dans les pays anglo-saxons on utilise des unités différentes : ainsi, l'énergie est exprimée en BTU et la température en degré Fahrenheit [F], avec :

  • et 1 BTU =
  • t(°C) = 5/9t(F) - 32

Exercices : Unités et Grandeurs Thermiques

1) Quelle est la différence entre les notions de température et de chaleur, expliquer

2) Exprimer la température de 40 °C en degrés Fahrenheit et Kelvin

3) Exprimer la kcal/h en Watt et inversement

4) A partir de la relation de définition de la température :

  • a) vérifier par l'équation aux dimensions la cohérence des unités, sachant que la constante de Boltzmann s'exprime en : k = 1,3810-23 [J/K]
  • b) évaluer la vitesse des molécules des gaz diatomiques et monoatomiques suivants (azote et hélium) de masses molaires respectives : MN = 14 g et MHe = 2g (NA = 6.1023 molécules par mole de gaz)
  • c) A partir de ces valeurs, que peut-on en déduire sur la capacité des différents gaz à diffuser
  • d) Expliquer pourquoi un ballon rempli d'hélium reste au départ au plafond dans un appartement, mais qu'après un jour il retombe au niveau du sol

5) On définit l'enthalpie H d'un système par H = U + pV, où U est l'énergie interne exprimée en joule.

  1. Montrer que l'enthalpie H est aussi une énergie.
  2. Différentier l'enthalpie H
  3. Exprimer alors cette différentielle dH, sachant que dU = dQ - pdV
  4. Donner l'expression de dH à p = cste. Conclusion
  5. Exprimer dU à V = cste . Conclusion

6) Dans un cylindre de V = 1 m3, muni d'un piston mobile, se trouve 2 kg d'air à la température de 20°C

  1. Calculer le volume massique et la masse volumique (densité)

    Le volume reste fixé à V = 1 m3, mais par influence extérieure la température monte à 100°C

  2. Evaluer le volume massique et la masse volumique
  3. Quelle grandeur change alors. Expliquer

7) Un manomètre métallique à spirale indique une pression de 5,8 bar. La pression atmosphérique mesurée par un baromètre est de 752 mmHg ou torr. Quelle est la pression absolue en bar.

Rép. Pabs = 6,802 bar

2. Système thermodynamique et état d'équilibre

2.1 Définition du système

Pour décrire thermodynamiquement un système, il faut à la fois :

  • définir le système en délimitant ses frontières par rapport au milieu extérieur
  • déterminer l'état du système défini par ses variables

Le système est défini comme une partie de matière (de masse donnée) délimitée par rapport au milieu extérieur (Fig. 2.1). Le milieu extérieur est le reste de l'espace entourant le système.

le système
milieu extérieur

Fig. 2.1 : Délimitation du système

Le système peut être ouvert ou fermé, adiabatique c.à.d isolé thermiquement (Q = 0) ou rigide c.à.d indéformable (W = 0)

 

Système

Echange Matière

Echange Energie

isolé

non

non

fermé

non

oui

ouvert

oui

oui

Tableau 2.1 : Echange de masse et d'énergie entre le système et le milieu extérieur

Dans un sytème fermé, il n'y a pas de transfert de masse et dans un sytème isolé, il n'y a pas d'échange de travail ni de chaleur.

[ ]

Fig. 2.2 : Différents types de systèmes

Exemples de Systèmes Thermodynamiques

[ ]

2.2 Etat du système

L'état du système est défini ou décrit par ses variables macroscopiques (m, p, V, T, n...) dites aussi variables d'état. A un sytème donné est associé tout un ensemble d'états possibles.

On dit qu'un système est à l'état d'équilibre thermodynamique, si ces variables d'état ont des valeurs bien définies et constantes. On distingue alors selon le cas entre :

  • variables ou grandeurs thermiques (p, V, T) ou calorifiques (U, H, W, Q, S)
  • variables extensives c.à.d proportionnelles à la quantité de matière telles (m, V, U...) ou variables intensives c.à.d indépendantes de la masse telles (p, T, concentration...)
    On définit souvent des grandeurs massiques c.à.d rapportées à l'unité de masse du système, telles :
  • le volume massique : v = V/m en [m3/kg]
  • l'énergie interne ou l'enthalpie massique : u = U/m ou h = H/m en [J/kg]

Ces grandeurs sont reliées entre elles par des relations, exemple :

m = rV ou qm = rqv (pour les débits masiques et volumiques)

avec qm = rwS  où w est la vitesse de l'écoulement du fluide

et pour un écoulement stationnaire : r1w1S1 = r2w2S2  (équation de continuité)

2.3 Evolution ou transformation du système

Sous l'influence d'échanges ou transferts d'énergie entre le système et le milieu extérieur, le système évolue et les variables d'état du sytème sont modifiés. On dit que le système se transforme ou change d'état, en passant d'un état d'équilibre (1) à un autre état d'équilibre (2).

[ ]

Fig. 2.3 : Transformation du système par échange d'énergie (apport de chaleur Q)

Au cours d'une transformation les variables d'état du système varient, pour atteindre un autre état d'équilibre. Le passage de l'état d'équilibre (1) à l'état d'équilibre (2) se déroule généralement hors équilibre.

On distingue alors entre (voir Fig. 2.4) :

  • transformations réversibles (ou idéales ) : ce sont des transformations infiniment lentes formées d'une succession d'états d'équilibre
  • transformations irréversibles : ce sont des transformations rapides et brutales hors équilibre

La réversibilité d'une transformation exige que le système passe par une infinité d'états intermédiaires différents peu d'états d'équilibre (états quasi-statiques). Les transformations naturelles spontanées sont irréversibles : elles ne peuvent évoluées que dans un seul sens (ex. la détente d'un gaz des HP vers BP, l'écoulement de la chaleur des HT vers BT... ).

[ ]

Fig. 2.4 : Transformations a) réversibles et b) irréversibles

2.4 Equations d'état du système et fonction d'état

Les variables d'état ne sont pas toutes indépendantes, mais liées entre elles par des équations, qui sont dites équations d'état du type : f(p,V,T) = 0.

ex. : l'équation d'état des gaz parfaits : pV = nRT

* ici, il n'y a que deux variables indépendantes d'où, p = f(V,T) ou V = f(p,T) ou T = f(p,V)

[ ]Représentation graphique des évolutions du système

Les variations d'état du système à la suite d'une transformation sont représentées dans divers diagrammes, permettant ainsi de suivre l'évolution du système. On utilise ainsi, les diagrammes suivants : les diagrammes de Clapeyron (p,V)ou d'Amagat (pV, p), les diagramme entropique (T,S) et de Mollier (p,H), le diagramme (H,S).

[ ]

Fig. 2.5 : Les diagrammes de Clapeyron (p,V) et d'Amagat du gaz parfait

[ ]

Fig. 2.6 : Les diagrammes entropique (T,S) et enthalpique (p,H) des gaz réels

* On distingue entre différentes transformations qui sont facilement représentées dans ces diagrammes précédents (par des droites verticales ou horizontales), à savoir :

  • la transformation isochore (V = cte)
  • la transformation isobare (p = cte)
  • la transformation isotherme (T = cte) satisfaisant à : pV = cte
  • la transformation isentrope (S = cte) ou (Q = 0) régit par : pVg = cte
  • la transformation polytrope satisfaisant à  : pVn = cte avec 1 < n < g

[ ]Les Fonctions d'Etat

Souvent, on peut réaliser des transformations entre l'état 1 et l'état 2 de plusieurs façons différentes, c.à.d en empruntant des chemins différents. En général, la variation D X d'une grandeur X dépend du chemin suivi pour aller de l'état 1 à l'état 2.

Mais, il existe en Thermodynamique des fonctions F liées aux variables d'état dont les variations D F au cours d'une transformation sont indépendantes du chemin suivi. Ces grandeurs ou fonctions sont dites fonctions d'état, elles sont caractérisées par :

  • par leur indépendance en fonction du chemin suivi par la transformation
  • par le fait que la différentielle dF est une différentielle exacte

alors, D F12 = F2 - F1 ceci qq.soit le chemin suivi

ex. : l'énergie interne U, l'enthalpie H et l'entropie S sont des fonctions d'état * mais, le travail W et la chaleur Q ne sont pas des fonctions d'état

Conclusion

En plus du premier et du deuxième principe, la thermodynamique postule encore deux autres principes, à savoir :

  • le principe 0 ou principe de l'équilibre thermique selon lequel :

Deux corps en équilibre thermique avec un troisième corps sont en équilibre thermique entre eux "

Corollaire : " Deux corps ou objets en équilibre thermique ont même température "

Ce corollaire permet de définir un thermomètre de référence avec g = at + b, où les constantes a et b sont fixées à partir de points fixes (p.ex mélange eau + glace à 0 °C et eau bouillante à 100 °C).

Mesure de la température

Les principaux thermomètres utilisés sont :

  • le thermomètre à mercure
  • la résistance de platine utilisable entre 200 et 630 °C
  • les thermocouples basées sur l'effet Seebeck (ex. le couple Pt-Pt rhodié entre 600 et  1300 °C)
  • les résistances à semiconducteurs (Ge) pour T < 77 K
  • les pyromètres optiques de 500 à 3000 °C, basés sur la comparaison des luminances  de deux sources de lumière
  • le troisième principe ou principe de Nernst selon lequel l'entropie S d'un corps est nulle à 0 K

- en effet, d'après le deuxième principe l'entropie S n'est déterminée qu'à une constante près

- cette indétermination est levée par le troisième principe

3. Les Echanges d'énergie  : travail, chaleur, énergie interne

Le premier principe

Le but de la thermodynamique est d'étudier les propriétés des systèmes et leurs évolutions en fonction des échanges d'énergie avec le milieu extérieur. Un système peut échanger de la masse et de l'énergie avec le milieu extérieur, alors son état change par gain ou perte de masse ou d'énergie. On dit que le système subit une transformation qui entraîne une variation des variables d'état.

Chaque système a un certain contenu en énergie sous diverses formes, telles :

  • l'énergie mécanique (cinétique ou potentielle)
  • l'énergie chimique dégagée sous forme de chaleur lors des réactions chimiques
  • l'énergie nucléaire (E = mc2) résultant d'une variation de la masse du noyau

Dans la pratique, les énergies nucléaire et chimique n'interviennent pas, car la masse du système ne varie pas dans les transformations courantes.

3.1 Energie interne U

L'énergie interne d'un système ou d'un corps est le contenu en énergie de ce système. Chaque système (solide, liquide ou gazeux) est une collection d'objets tels des atomes, molécules...Ces particules sont toujours animées de mouvements incessants et aléatoires (agitation moléculaire) : vibrations dans les solides ou agitation thermique dans les liquides ou gaz.

A ces mouvements microscopiques des molécules est associée de l'énergie cinétique Ec . De plus, entre ces atomes ou molécules peuvent exister des forces d'interaction (attraction et répulsion) auxquelles on associe une énergie potentielle Ep .

A l'échelle microscopique, l'énergie interne U du système est définie comme la somme des énergies cinétiques Eci et potentielles Epi de toutes les particules formant le système.

ex1 : le gaz parfait est caractérisé par l'absence d'interactions entre les molécules (Ep = 0)

[ ]

alors U = S i 1/2 mvi2 = N.1/2 mv2

soit, U = 3/2 NkT

3.1)

où N est le nombre de molécules dans l'enceinte

ex2 : le gaz réel est caractérisé lui par l'existence d'interactions entre les molécules (alors Ep # 0)

d'où,   U = S i Eci + S Epi_

3.2)

[ ]Propriétés de l'énergie interne U

A l'équilibre thermique, l'énergie interne U :

  • est une énergie exprimée en joule [J] ou [kcal]
  • elle a une valeur bien définie connue à une constante près (non connue dans l'absolu)
  • c'est une fonction d'état

L'énergie interne U caractérise le contenu ou niveau énergétique du système thermodynamique. L'énergie interne U d'un système peut varier par suite d'échanges d'énergie avec le milieu extérieur. Les énergies sont principalement échangées sous forme de chaleur (Q) et de travail (W).

3.2 La chaleur Q

La chaleur est une forme spéciale de l'énergie :

  • c'est une énergie exprimée en joule [J] ou [kcal]
  • à l'échelle microscopique, c'est une énergie échangée sous forme désordonnée par  agitation moléculaire (c.à.d par chocs entre les molécules en mouvement)
  • elle s'écoule toujours d'une source chaude vers une source froide
  • la chaleur n'est pas une fonction d'état

[ ]

Fig. 3.1 : Transfert de chaleur Q par l'agitation moléculaire (en enlevant la cloison adiabatique)

On distingue entre deux types de chaleur :

a) La chaleur sensible

  • elle est liée à une variation de température D T du système par suite d'un  réchauffement ou d'un refroidissement
  • elle est proportionnelle à la masse de matière et à la différence de température

[ ]d'où, pour une transformation infinitésimale :

dQ = mcdT

3.3)

où, c désigne la chaleur massique du matériau ou fluide exprimée en [Jkg-1K-1]

[ ]Transformation finie

La chaleur Q échangée lors d'une transformation finie entre l'état 1 et l'état 2 s'obtient en intégrant la relation 3.3 valable pour une transformation infinitésimale. On distingue alors plusieurs cas selon la valeur de c :

Q = ò mcdT

[ ]la chaleur massique reste constante (c = cte)

alors, Q12 = ò 12 mcdT = mcò 12dT = mc(T2 - T1)

soit, Q12 = mcD T = mc (T2 - T1) = mc(t2 - t1)

3.4)

[ ]la chaleur massique varie, valeur moyenne c = [ ]

c varie dans l'intervalle [T1,T2], on prend alors une valeur moyenne pour c = [ ]

Q = m[ ](T2 -T1)

3.5)

où, la valeur moyenne, [ ]

3.6)

car, Q12 = Q02 - Q01

=> la valeur moyenne est calculée à partir de Tables donnant [ ]

[ ]la chaleur massique est une fonction de T : c = f(T) = a0 + aT + bT2

d'où,[ ]

On distingue généralement entre chaleurs massiques à pression constante ou volume constant, notée cp ou cv :

  • pour les solides ou liquides, on a : cp ~ cv = c
  • mais pour les gaz : cp # cv et cp/cv = g

b) La chaleur latente

La chaleur latente est la chaleur nécessaire à 1 kg de matière pour changer d'état à température constante, elle est définie par :

Q = mL

3.7)

où, L est la chaleur massique associée à un changement d'état, cette chaleur est soit libérée (V-> L) ou absorbée (L-> V).On distingue entre chaleurs latentes de fusion, de vaporisation, de sublimation etc...

*Remarque : Les changements d'état sont mis à profit dans les Machines Thermiques car ils libèrent d'importantes quantités de chaleur : ceci permet de réduire sensiblement la taille des échangeurs et des compresseurs (économie de matière et d'énergie).

c) Loi des mélanges

Par contact ou mélange de deux corps à des températures différentes, il y a transfert de chaleur : à l'équilibre thermique les deux corps ont alors même température et T = Tm (température finale du mélange).

La température du mélange Tm s'obtient à partir du bilan d'énergie des deux systèmes ou corps.

Qam + Qbm = Qpoù, Qp sont les pertes de chaleur du système non adiabate.

[ ]Si le système est adiabate (Qp = 0), alors on a :

maca(Tm-Ta) + mbcb(Tm-Tb) = 0

[ ]

3.3 Le travail W

Le travail est une autre forme de l'énergie (énergie mécanique) :

  • c'est une énergie exprimée en [J] ou [kcal]
  • à l'échelle microscopique c'est une énergie échangée de façon ordonnée (grâce au  déplacement du piston qui imprime une certaine direction aux atomes)
  • ce n'est pas une fonction d'état

On distingue entre travail volumétrique, travail technique et travail fe frottement.

[ ]Travail volumétrique Wv

Le travail résulte le plus souvent d'une variation de volume du système déformable (non rigide) : ex. le déplacement d'un piston. On parle alors de travail volumétrique définit par :

[ ]
Fig. 3.2 : Transfert de travail

p = F/S

dWv = Fdx = pS dx = pdV en [Nm] ou [J]

d'où, le travail élémentaire : dWv = - pdV

3.8)

*Remarque :

  • le signe moins (-) est imposé par la convention de signe des énergies
  • si le piston se déplace vers la droite alors dV augmente (dV>0) et le travail est cédé  ou fournie au milieu extérieur (donc le travail est <0)

* Calcul du travail volumétrique Wv pour une transformation finie

Pour calculer le travail total entre l'état 1 et l'état 2, il faut intégrer la relation 3.8), d'où :

[ ]

3.9)

[ ]

On distingue alors plusieurs cas :

a) transformation isobare (p = cte)

alors, W12 = -pò 12 dV = -p[V2 - V1]

3.10)

b) transformation isotherme (T = cte)

alors, W12 = - ò 12 pdV or pV = nRT

d'où, W12 = - ò 12 nRT dV/V = -nRT ò 12 dV/V

W12 = nRTlnV1/V2 = nRTlnP2/p1

3.10a)

c) transformation isochore (V = cte)

alors, dV = 0 et le travail est nul, W12 = 0

[ ]Travail technique Wt

Le travail technique Wt intervient dans les systèmes ouverts (Machines à piston, Turbines, fluides en écoulement...), il est défini par la relation suivante :

- transformation élémentaire : dWt = Vdp

3.11)

- transformation finie  : Wt = ò 12 Vdp

* Calcul du travail technique Wt  : il s'effectue par intégration de la relation 3.11 selon les mêmes règles que pour le travail volumétrique :

  • pour une transformation isobare (dp = 0) : on a Wt12 = 0
  • une transformation isochore (V = cte) : Wt12 = V(p2 - p1)

[ ]Travail de frottement Wf

Le travail de frottement Wf est une énergie mécanique dissipée par suite de frottement mécanique ou d'autres processus. Alors, le travail global d'un système fermé est donné par :

Wg = Wv+ Wf

[ ]
Compression

[ ]Convention de signe des énergies échangées (chaleur, travail...)

  • les énergies (W,Q) reçues par le système sont comptées > 0 et affectées du signe +
  • les énergies (W,Q) cédées par le système sont comptées < 0 et affectées du signe -

[ ]

3.4 Le premier principe

Le premier principe dit aussi principe de conservation de l'énergie, stipule que :

  • l'énergie du système se conserve au cours des transformations du système (c.à.d ne se dégrade pas)
  • l'énergie du système est seulement transformée d'une forme d'énergie en une autre (équivalence des formes d'énergie)

L'énergie d'un système isolé reste constante, U = cte.

L'énergie d'un système non isolé peut varier par suite d'échanges d'énergie (Q,W) avec le milieu extérieur, alors le système évolue d'un état 1 à un état 2 : on dit qu'il subit une transformation.

D'après le premier principe :

  • la variation d'énergie interne du système au cours d'une transformation est égale à la somme algébrique des énergies échangées W + Q
  • l'énergie interne su système varie donc pendant la transformation de

D U = U2 - U1 = W + Q

[ ]

Fig. 3.3 : Variation de l'énergie interne du système

[ ]Enoncé du premier principe

" La somme algébrique du travail W et de la chaleur Q échangés par le système avec le milieu extérieur est égale à la variation D U de son énergie interne ".

  • cette variation est indépendante de la nature des transformations, c.à.d du chemin suivi par cette transformation
  • cette variation ne dépend que de l'état intial 1 et de l'état final 2

En d'autres termes, l'énergie interne est une fonction d'état, c.à.d. que sa variation ne dépend pas du chemin suivi par la transformation. En effet, considérons deux transformations entre l'état 1 et l'état 2 formant un cycle, selon le chemin suivi x ou y, on a :

[ ]
Fig. 3.4 : Variation de U au cours d'un cycle
U2 - U1 = W12 + Q12 chemin x
U1 - U2 = W21 + Q21 chemin y

soit, W12 + Q12 = W21 + Q21 = cte

On a ainsi démontré que la somme W + Q égale à D U ne dépend pas du chemin suivi et donc la fonction U est une fonction d'état (alors que W et Q pris individuellement ne sont pas des fonctions d'état).

[ ]Expression mathématique du premier principe

L'expression mathématique du premier principe est donc :

  • pour un système fermé
    • si la transformation est finie : D U = U2 - U1 = W + Q

      3.12)

    • si la transformation est élémentaire : dU = dW + dQ

      3.13)

  • pour un système ouvert

c.à.d pour un système avec écoulement de fluide, il faut alors ajouter en plus la variation d'énergie cinétique EC du fluide, d'où :

[ ] D U + D EC = W + Q 3.14)

Les équations 3.12 à 3.14 sont d'une importance capitale en thermodynamique, car ils permettent de :

  • dresser le bilan d'énergie du système (machines thermiques, enceinte...)
  • éfinir le rendement ou le coefficient de performance de ces machines

3.5 Enthalpie H

L'enthalpie est définie par la relation :

H = U + pV

3.15)

  • c'est une énergie exprimée en [J] ou [kcal]
  • c'est aussi une fonction d'état comme l'énergie interne U

On a vu que pour une transformation infinitésimale que : dU = dW + dQ


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Lundi 15 octobre 2007

D'après le dictionnaire, la Science est la connaissance relative à des phénomènes obéissant à des lois et vérifiés par des méthodes expérimentales.

Cette définition définit les bases de ce qu'est la Science. Nous allons ici regarder de plus près ces trois composantes de la science : l'observation, l'expérimentation et les lois.

L'observation

Tout travail scientifique commence par des observations. L'observation la plus célèbre de l'Histoire de la Science est sans conteste celle de la chute d'une pomme faite par Newton, qui lui donna l'idée de sa théorie de la gravitation universelle. Même si cette histoire n'est peut-être qu'une légende, elle illustre admirablement la démarche scientifique : on observe un phénomène, parfois surprenant, mais bien souvent banal, et on se pose la question : pourquoi ?

L'observation se doit d'être la plus objective et la plus précise possible. Elle ne doit pas se laisser influencer par une possible explication, qui risquerait de la biaiser.

L'observation doit de plus en plus souvent s'aider d'instruments. Ces instruments sont parfois indispensables pour effectuer cette observation : l'observation de l'espace nécessite des télescopes de plus en plus puissants, alors que l'observation de l'infiniment petit utilise des microscopes.

Même en cas de phénomènes directement observables, des instruments permettent de rendre cette observation plus précise ; ainsi, une caméra permettra de mieux comprendre des phénomènes rapides, tel par exemple le galop d'un cheval.

L'expérimentation

L'expérimentation est une catégorie particulière d'observation, dans laquelle d'une part le phénomène à observer est généralement provoqué, et d'autre part les conditions d'observations ont été optimisées en fonction de ce que l'on veut observer, notamment pour éliminer les phénomènes parasites.

L'expérimentation permet de s'affranchir des aléas de l'observation, certains phénomènes naturels pouvant être difficilement prévisibles, empêchant alors la mise en place des dispositifs d'observations au bon moment et au bon endroit.

Les lois

Lorsque les phénomènes observés font apparaître des relations invariables entre certaines grandeurs mesurées, on peut commencer à soupçonner l'existence d'une loi liant ces grandeurs entre elles.

Un exemple simple est la relation entre la hauteur depuis laquelle un objet tombe et le temps mis par cet objet pour tomber. Après avoir éliminé le mieux possible les effets parasites des frottements de l'air, par exemple en utilisant des objets massifs, on trouve que la hauteur est proportionnelle au carré de la durée de la chute, et que le coefficient de proportionnalité est indépendant du type d'objet utilisé.

Cependant, une fois ces lois trouvées, il faut aller plus loin. Le but de la Science est de trouver des lois les plus fondamentales possibles. En effet, les lois issues de l'observation sont généralement la conséquence de phénomènes plus fondamentaux qu'il s'agit d'identifier.

La loi fondamentale la plus célèbre est encore une fois due à Newton, il s'agit de la gravitation universelle. Avant cette loi, on connaissait certains phénomènes de manière dispersée : la chute des corps sur Terre, la trajectoire elliptique des planètes autour du Soleil, les marées. La gravitation universelle a permis d'attribuer une seule et même cause à ces différents phénomènes.

Réfutabilité

On parle fréquemment de vérification expérimentale d'une loi. En fait, une loi ne peut jamais être vérifiée, elle ne peut être qu'invalidée. Cette manière de raisonner peut paraître surprenante ; elle est cependant tellement importante qu'elle permet de définir le caractère scientifique d'une théorie.

Pourquoi ne peut-on jamais vérifier une loi ? La raison en est simple : un seul contre-exemple suffit à invalider définitivement une loi, quels qu'aient été ses succès antérieurs. Cette réfutabilité est la contrepartie de la rigueur scientifique. Prenons un exemple :

De nombreuses observations ont amené à la loi suivante : "tous les cygnes sont blancs". Lors de nombreux voyages, cette loi a reçu des confirmations éclatantes par la découverte de nouveaux cygnes, tous blancs. Or, un jour naît un cygne noir : ce seul contre-exemple suffit à invalider cette loi.

Que devient une loi, une fois réfutée ? Elle peut continuer à être utilisée comme approximation, ou une nouvelle loi plus exacte peut la remplacer. L'exemple le plus parlant est la réfutation de la gravitation universelle par une observation astronomique non explicable. Une nouvelle théorie a remplacé la gravitation universelle, c'est la relativité générale. Cependant, la gravitation universelle reste généralement utilisée, car elle constitue une approximation suffisante dans la plupart des cas et aussi parce que la relativité générale est beaucoup plus complexe à utiliser.

La réfutabilité définit même le caractère scientifique d'une théorie, selon le philosophe Karl Popper : il doit être possible d'imaginer des contre-exemples qui, s'ils étaient observés, invalideraient la théorie. La théorie de la gravitation universelle était une théorie scientifique : une infime variation dans l'orbite d'une planète non explicable par cette théorie a suffi à la réfuter.

A l'inverse, la théorie de la création de l'univers par un dieu tout puissant ne peut pas être réfutée : quels que soient les contre-exemples produits, on peut toujours rétorquer que c'est Dieu qui a volontairement créé lui-même ces contre-exemples pour mettre la sagesse des hommes à l'épreuve. Ce n'est donc pas une théorie scientifique.

 

Les mathématiques sont-elles une Science ?

Cette question est plus délicate qu'il n'y paraît. En effet, la partie observation et expérimentation est totalement absente des mathématiques, ces dernières étant totalement abstraites. D'un autre côté, il est difficile d'imaginer ce que pourrait être la Science sans les mathématiques ; en effet, une bonne partie des lois scientifiques utilise des formulations mathématiques.

On peut donc considérer les mathématiques plutôt comme un outil extrêmement puissant et sophistiqué que comme une Science à part entière. D'ailleurs, les mathématiques ne satisfont pas aux critères de réfutabilité ; il est évident qu'étant abstraites, aucune observation ou expérience ne peut les atteindre. Les théorèmes mathématiques ne sont considérés comme valides qu'une fois rigoureusement démontrés, et rien alors ne peut plus les remettre en question.

Le point le plus délicat se situe à l'interface entre la Science et les mathématiques ; l'efficacité de l'outil est totalement dépendante de l'adéquation de la modélisation des phénomènes. L'extrême souplesse des mathématiques permet cependant de forger de nouveaux outils mathématiques si ceux existants ne sont pas adaptés à la modélisation des phénomènes ou au traitement des données issues de l'observation. Newton, encore lui, inventa le calcul infinitésimal pour pouvoir calculer les mouvements dus à l'attraction universelle.

Pourquoi et comment ?

Contrairement à ce qui a été dit plus haut, dans un souci de clarté, la Science ne s'interroge pas sur le pourquoi, mais sur le comment. On a souvent tendance à employer un mot pour l'autre, et cette inversion rend parfois un discours plus compréhensible. Lorsqu'il observe un phénomène, le scientifique ne se demande pas pourquoi ce phénomène a lieu, mais comment il s'explique. Et pourtant, il semble bien plus naturel de demander pourquoi le soleil brille, plutôt que de demander comment il brille.

Le pourquoi interroge sur les causes, mais aussi sur les raisons d'un phénomène, et contient implicitement une notion de déterminisme (pour-quoi) à laquelle la Science n'a pas vocation de répondre. Toute réponse scientifique à un pourquoi risque alors d'être insatisfaisante et générer un nouveau pourquoi.

Pourquoi la Terre tourne-t-elle autour du Soleil ? à cause de la gravitation universelle. Mais pourquoi les corps s'attirent-ils ? Au final, la série des pourquoi finit toujours par buter sur une des limites de la Science, tout l'édifice scientifique reposant sur des observations non encore expliquées. Tout juste peut-on espérer faire reculer petit à petit la frontière de l'inexpliqué, l'explication ultime n'existant a priori pas.

Où s'arrête la Science ?

La Science se trouve partout où il y a observation, expérimentation et élaboration de lois à partir de ces observations. Bien qu'on associe souvent la Science à des équations, comme dans le cas de la physique, la Science peut également être plus descriptive, comme par exemple dans le cas de la paléontologie, fondée sur l'étude des fossiles.

Bien qu'étant rigoureuse méthodologiquement, la Science n'interdit pas des hypothèses hasardeuses, qui peuvent s'avérer fécondes, mais aussi le plus souvent conduisent à une réfutation, ou bien même s'avèrent irréfutables et sortent alors du cadre scientifique (ce qui ne signifie pas qu'elles soient inexactes pour autant).

Existe-t-il une science officielle ?

La notion de science officielle est issue d'une part de scientifiques frustrés par la réfutation de leur découverte et qui refusent le verdict, et d'autre part de la mouvance paranormale popularisée par la série culte "X-files". Dans les deux cas, le discours tenu prétend que les scientifiques "officiels" refusent de prendre en compte la "vérité", que ce soit la mémoire de l'eau côté scientifique frustré ou les phénomènes paranormaux.

Tout n'est bien sûr pas angélique dans le monde de la Science, surtout lorsque des considérations qui n'ont rien de scientifiques en perturbent le respect des principes de base. On a vu une science officielle nazie rejeter la science juive, ou une science officielle soviétique rejeter la science bourgeoise. Les résultats ont été à la hauteur : dans le premier cas, les scientifiques juifs (dont Einstein) ont émigré, dans le second cas, l'agriculture soviétique a beaucoup souffert (affaire Lyssenko).

Mais qu'il soit bien clair que la plupart des scientifiques ne demanderaient pas mieux que de constater un véritable phénomène paranormal, et de pouvoir l'étudier. Malheureusement, la plupart de ces phénomènes disparaissent spontanément à l'approche des scientifiques et de leurs méthodes, particulièrement lorsque ceux-ci se font assister d'un prestidigitateur, mieux à même qu'un scientifique de détecter toute supercherie.

La Science et les autres domaines

La Science, de par son aspect rigoureux, apparaît rébarbative à beaucoup de personnes, qui lui opposent d'autres conceptions de la culture ou de la vie. En fait, ces oppositions ne sont souvent qu'apparentes, comme nous allons essayer de le voir maintenant.

La Science et l'imagination

L'aspect rigoureux de la Science semble interdire à tout jamais la moindre fantaisie au scientifique. Le rêve et l'imagination paraissent définitivement bannis du quotidien du scientifique, créature austère et rigoureuse pour qui les émotions ne sont finalement que quelques courants électriques dans le cerveau.

Une telle description relève bien heureusement de la caricature, les scientifiques étant le plus souvent des gens comme les autres, à des kilomètres des descriptions de savants fous de certains récits d'épouvante. Bien sûr, les scientifiques sont souvent passionnés par leur travail, au même titre qu'un artiste ou un écrivain par exemple.

Mais un scientifique est aussi un créateur, dépensant des trésors d'imagination pour faire avancer ses théories ou en proposer de nouvelles. Sans imagination, Einstein aurait-il pu concevoir la théorie de la Relativité ?

Et avant tout, un scientifique est également un homme comme un autre, capable de laisser son esprit critique au vestiaire pour rêver. Le célèbre auteur de science-fiction Isaac Asimov était également un brillant scientifique, ce qui ne l'a pas empêcher d'écrire des récits basés sur des hypothèses au mieux non vérifiées, et souvent carrément inexactes (comment concevoir un empire galactique sans la possibilité de dépasser la vitesse de la lumière, possibilité refusée catégoriquement par la théorie de la relativité). Le tout est de ne pas faire interférer les rêves et la méthodologie scientifique ; il faut, même si c'est parfois difficile, savoir dire "ce n'était qu'un rêve".

La Science et l'Art

L'Art est par essence même totalement éloigné de la Science. Cependant, cette dernière n'est jamais loin. L'image d'Epinal de l'artiste est bien souvent aussi caricaturale que celle du scientifique. On a bien trop souvent tendance à oublier qu'un artiste est d'abord un technicien, qui doit maîtriser les techniques de son art avant de pouvoir les dépasser.

Il n'y a pas encore si longtemps, les artistes peintres fabriquaient eux-mêmes leurs pigments. Un sculpteur doit maîtriser les matériaux qu'il utilise, un musicien savoir jouer de son instrument.

Bien sûr, il s'agit là de technique plus que de Science. Cependant, ne peut-on pas considérer la connaissance de l'anatomie humaine, nécessaire dès que l'on désire peindre ou sculpter une être humain, comme une connaissance scientifique ? L'architecte qui désire que son monument ne s'effondre pas ne doit-il pas utiliser des connaissances scientifiques ? Et toutes les techniques employées, classiques ou d'avant-garde, ne sont-elles pas généralement issues de la Science ?

L'Art fait également appel à la Science dès qu'il s'agit de restaurer une oeuvre, ou simplement de l'analyser ou de la sauvegarder. La restauration de toiles abîmées ou rendues noires par l'opacification du vernis ou le décapage de monuments abîmés par la pollution font appel à des techniques très pointues, rendues possibles uniquement par les avancées scientifiques.

La Science et la Religion

Un scientifique peut-il être croyant ? Nombreux sont ceux qui ont répondu oui à cette question. Une telle attitude n'est a priori pas gênante, lorsque la Religion reste dans le domaine de l'irréfutable, c'est-à-dire hors du domaine scientifique.

Galilée nous a montré que cela n'a pas toujours été le cas. Il faut bien constater l'ambivalence de la Religion vis-à-vis de la Science. Beaucoup de scientifiques étaient très liés à l'Eglise (Galilée était l'ami du Pape), et étaient amenés à contester certains dogmes religieux de par leurs observations, ce qui leur valait généralement de sérieux ennuis.

Aujourd'hui, l'Eglise catholique ne cherche plus à contester ouvertement la Science, même s'il reste certains pays (et non des moindres, par exemple les Etats-Unis) où des mouvements intégristes cherchent à faire enseigner le créationnisme (qui professe que le monde a été créé en 7 jours comme expliqué dans la Bible) comme une alternative au Darwinisme.

Cependant, la situation des religions n'est pas toujours très confortable face à la Science. Que faire lorsque des découvertes scientifiques invalident des chapitres entiers de la Bible (notamment bien entendu la Genèse) ?

Actuellement, la Religion reste en deçà de la frontière de la Science, se réservant plutôt l'éthique et la morale. Cependant, ces frontières reculent de plus en plus vite ; jusqu'où pourront-elles reculer sans mettre en péril l'Eglise et les autres religions ?


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